SRU

SERVICE RÉSIDENTIEL D’URGENCE agréé par la Communauté française : pour 7 enfants et adolescents de trois à dix-huit ans.

Certaines situations requièrent des réponses immédiates, souvent dans des problématiques de maltraitance alléguée ou avérée.

7 places, en S.R.U., sont consacrées à des jeunes dont l’admission est urgente. Le séjour est alors limité à 40 jours aux termes desquels un projet individuel est défini en présence du mandant. Les actes constitutifs de la crise sont traduits en mots dans ce lieu suspendu, et resitués dans un processus évolutif. Ils prennent du sens dans l’histoire des jeunes et de leur entourage qui vont parvenir à construire un discours alternatif à propos des raisons du séjour résidentiel et entamer les changements nécessaires pour s’en passer. Il respecte avant tout les liens familiaux et ceux du réseau, comme futurs fondements d’une réinsertion dans le milieu de vie. Il prend en compte la brisure des liens familiaux telle que décrite par M. BERGER. Cela signifie pour notre équipe de faire alliance avec les proches des enfants accueillis par la connotation positive des relations familiales dans leur partie valorisante pour l’enfant. Même sous les injures, nous essayons d’éviter les rivalités faciles au profit de l’établissement d’une relation partenariale.

Le séjour est alors l’occasion de prendre distance et de réfléchir dans un certain apaisement de la crise, aux manques, puis de reconstruire des liens sociaux.

En effet, le projet vise une prise en charge individuelle mais qui se fonde sur l’approche multisystémique, vue comme englobante des autres références théoriques utiles, en particulier les concepts d’inclusion sociale, de résilience (Cyrulnik) et de conversations transformatives (Gergen)

A partir d’une prise de distance, nécessaire, va se construire un travail d’élaboration du sens de la crise au sein des systèmes concernés : la famille, le groupe des pairs, l’école, la communauté culturelle. Il est donc important d’associer dès l’admission ou dans les heures qui suivent, les familiers, pour reconstituer l’histoire de ce qui un jour a créé la situation d’urgence. Par ailleurs, les intervenants scolaires sont contactés, pour permettre à la scolarité de se poursuivre sans discontinuité inutile, ou de démarrer au plus tôt.

Ensuite, va devoir se construire pas à pas, un travail de reliance fondé sur la relation de confiance avec les adultes de l’équipe, mais surtout à partir d’une réappropriation de soi-même, pour le jeune en difficultés. Se connaît-il bien, perçoit-il les problèmes relationnels ou personnels qui achoppent dans sa vie, a-t-il conscience de ses ressources, quelle image a-t-il de lui-même ?

A partir de ces recadrages, un projet individuel peut commencer à se co-construire entre le jeune et l’équipe éducative. Ou mieux encore, entre le jeune et ses réseaux primaires et secondaires d’appui afin de présenter au mandant et à toutes les personnes concernées, une orientation en aval du lieu suspendu où se sont posées ces questions et ces réflexions sur le sens de cet accompagnement temporaire. Utiliser l’urgence.

La notion d’urgence, définie par le Dr Michel Declercq comme un micro cataclysme social, nécessite un lieu d’accueil, mais surtout une écoute attentive dense et professionnelle. Elle permet une analyse de la crise pour organiser rapidement le suivi à court terme, début de l’inclusion sociale via une réactivation des réseaux d’appui. Cette prise en charge active va au-delà du nursing maternant ou

protecteur qui ne sert que d’alibi à des systèmes bloqués par le cocooning ou la disqualification parentale. Il s’agit d’ouvrir des choix au sens de ceux évoqués dans les prises en charge de thérapie brève.

La notion de «lieu suspendu» doit donc être privilégiée par rapport à celle de « lieu neutre dormitif trop accueillant ». Le choix entre plusieurs sens permet au jeune de se situer dans des contextes multiples -alors que la crise originelle à l’urgence se situe dans un contexte unique- et d’y privilégier donc l’essentiel dans une démarche appelée transcontextuelle (J.-Cl. Benoît). Comment lire les événements dans différents contextes, et choisir de choisir l’un d’entre eux comme support d’un changement.

L’approche des problématiques de l’urgence est évidemment par essence, généraliste et les problématiques variées nécessitent une expertise en rapport : la problématique de l’urgence le travail de crise l’exploration des réseaux d’appui et des ressources de l’entourage l’encadrement éducatif d’enfants et d’adolescents les entretiens ethnopsychiatriques l’encadrement des démarches pour l’obtention d’un titre de séjour l’accueil d’enfants victimes d’abus l’accueil de jeunes au passé ou au présent délinquant la réinsertion sociale ou familiale de jeunes au passé psychiatrique la médiation familiale le travail avec les réseaux scolaires et l’accompagnement des devoirs

L’équipe : Les éducateurs Outre leur formation de base, ils ont acquis une expérience dans la polyvalence de fonction comme éducateur titulaire, avec le poste volontairement non-rempli, d’assistant social, dont la présence ne semblait pas indispensable vu notre modèle de travail. Plusieurs d’entre eux ont des diplômes universitaires non-valorisés dans cet emploi ( licencié(e)s en psychologie).

Le psychologue de l’équipe est expérimenté (25 ans d’ancienneté dans la maison). Il s’est formé de façon continue et tout dernièrement s’intéresse plus au dispositif mis en place par l’ethnopsychiatrie pour comprendre non seulement les modèles culturels familiaux, mais aussi expérimenter une approche spécifique des milieux précarisés et abîmés par la maltraitance institutionnelle (Emilie HERMANT).

Le directeur possède une expérience préalable de 10 ans de travail en psychiatrie extra-hospitalière et 4 ans dans le milieu ouvert. Il est formé aux thérapies familio-systémiques et aux interventions systémiques institutionnelles. Il est reconnu formateur dans ce domaine et dans celui des médiations.